Conseil d’entreprise européen d’ArcelorMittal NON projet du groupe de fermer 7 des 12 outils du froid à Liège

 

Conseil d’entreprise européen d’ArcelorMittal

NON projet du groupe de fermer 7 des 12 outils du froid à Liège

 

 

ArcelorMittal a-t-il programmé

la mort du bassin liégeois ?

 

 
24 mai 2013 par Philippe Lawson
 
 
Le comité restreint du conseil d’entreprise européen d’ArcelorMittal a rendu un avis négatif sur la décision du groupe de fermer des outils du froid à Liège. Il l’accuse de programmer la mort de tout le bassin sidérurgique.

Les représentants des travailleurs des sites européens d’ArcelorMittal viennent de rendre un avis négatif sur le projet du groupe de fermer 7 des 12 outils du froid à Liège. La décision du comité restreint du conseil d’entreprise européen d’ArcelorMittal n’est pas une surprise et il y a peu de chance qu’elle force le groupe à revoir sa position. Mais elle traduit un fossé qui se creuse chaque jour entre le groupe et son personnel en Europe.

 

"Le comité restreint, en donnant un avis négatif ce 23 mai 2013, mesure bien que l’on est devant une stratégie de démantèlement dont Liège constitue hélas une démonstration exemplative. Le comité restreint ne peut accepter ce schéma de destruction et de mort programmée pour tout un bassin sidérurgique. Il apporte son concours à toute forme d’orientation qui peut éviter l’émergence d’un véritable désert économique, basé sur la seule dynamique de profit maximum mise en œuvre aveuglément", lit-on dans le document de deux pages dont nous avons eu connaissance.

 

Le comité restreint s’approprie les conclusions du rapport de Syndex du 18 avril, réalisé à sa demande sur le dossier liégeois. D’après le bureau d’études français, l’extinction d’outils dans le froid était prévisible après l’arrêt de la phase liquide, décidé en octobre 2011.

 

 

Mort programmée?

 

"Il indique aussi que les pertes de parts de marché (quasi délibérées dans certains secteurs), ont amené le groupe à utiliser Liège comme variable d’ajustement de sa politique. Il montre également que les allocations de commandes ont été attribuées au détriment de Liège rendant dès lors les taux de charge bien insuffisants et incompatibles avec un équilibre financier minimum. Le groupe pratique une politique identique à celle décidée hier pour le chaud: concentration sur les sites côtiers, non-investissement, détournement de carnets, recherche de marges plutôt que de volumes, retrait progressif de capacités en Europe", note le comité.

 

Il accuse le groupe d’avoir ignoré les projets alternatifs pour sécuriser le froid. "Les tentatives multiples et financièrement très concrètes de mettre à bon niveau technique l’ensemble des outils du froid pour compenser l’arrêt du chaud se sont heurtées au mur de l’indifférence voire du mépris du groupe tant vis-à-vis des organisations syndicales que des autorités publiques. Au lieu de cela nous n’avons pu que constater le dépeçage de nos productions au fil des ans", écrit-il.

 

Il doute de l’efficacité du nouveau projet d’ArcelorMittal visant à renforcer le reste des outils du froid (investissement de 138 millions d’euros). Il soutient, avec Syndex, que "l’actuel projet de fermeture ne garantit en rien la pérennité des outils restants. En effet, celle-ci ne peut s’entendre sans des investissements importants (que le groupe se refuse à financer). Les orientations sur l’arrêt d’un laminage à froid vont fragiliser la chaîne industrielle. Les risques majeurs (commerciaux, financiers, industriels) ne sont ni évoqués et encore moins solutionnés. Les transferts de production et de carnets restent très ambigus, les carnets de niche où Liège s’est spécialisé ne paraissent pas retenir l’attention du groupe entraînant certainement de nouvelles pertes de parts de marché".

 

Les déclarations du groupe prévoyant des gains de gestion de 3 milliards de dollars sur 3 ans ne les rassurent guère, car ils sont synonymes de futures restructurations et de réductions d’effectifs.

 

 

Procédure inédite

 

C’est le 24 janvier qu’ArcelorMittal a annoncé son intention d’arrêter la cokerie, le train à large bande et 5 lignes du froid. "Jamais, nous n’avions connu, en Belgique, le lancement d’une seconde procédure Renault sur un site industriel alors que la première n’était pas encore clôturée. Il s’agit de 1.300 pertes d’emplois directs et de 1.700 emplois supplémentaires perdus dans tous les domaines (maintenance mécanique, électrique, hydraulique, pneumatique, etc.) qui avaient été externalisés sous prétexte de flexibilité. Il faut multiplier ce chiffre par trois si l’on veut mesurer l’impact global de suppression d’emplois. Mais, au-delà, c’est toute une perspective d’avenir qui disparaît tant dans la recherche, l’enseignement, les compétences, la diversification des produits", précise le comité restreint.

 

 

//www.lecho.be/r/t/1/id/9349285



24/05/2013

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