Les industriels attendent beaucoup du nouveau plan acier européen

 

 

 


 

 

Les industriels attendent

beaucoup du nouveau

plan acier européen

 

 

 

 

C'est 32 ans après son premier plan acier que l'Europe
présente ce mardi un nouveau plan d'action en faveur
de l'industrie sidérurgique. Il y a urgence à agir.
Explication.

 

Les restructurations et les fermetures d'outils déferlent une nouvelle fois sur l'Europe : Liège et Florange sont les exemples les plus proches, mais des pans entiers d'activité disparaissent aussi en Roumanie, l'Espagne est touchée, de même que le Luxembourg.

 

 

Le commissaire européen à l'Industrie, Antonio Tajani, a mis autour de la table patrons et syndicats du secteur, et les responsables politiques nationaux, pour définir une ligne d'action qui permette d'arrêter l'hémorragie. Le patron de Duferco, Antonio Gozzi, était du nombre. Selon lui, "l’acier est un peu le miroir des problèmes européens. L’acier est intimement lié à l’Europe, qui est née sur le traité CECA du charbon et de l’acier. Si l’Europe va mal, l’acier va mal, s’il n’y a pas de politique industrielle, il n’y aura pas de solution pour l’acier. Il y a deux condition pour la croissance : moins d’austérité et des politiques industrielles actives qui permettent de rationaliser et restructurer le secteur de l’acier en Europe, qui est surcapacitaire".

 

 

Une fois de plus l'Europe est confrontée à un problème de surcapacité parce que la demande d'acier a chuté sous l'effet de la crise. Il y a 20% des installations sidérurgiques qui sont excédentaires. Quand Etienne Davignon a déposé le premier plan Acier européen en 1981, il visait déjà à réduire les capacités de production de 30 millions de tonnes. Mais il bénéficiait alors du traité CECA (du charbon et de l'acier) qui a expiré depuis.

 

 

 

Modalités de sortie

 

 

Et cela rend la situation plus complexe à gérer pour la Commission actuelle, Etienne Davignon ne le cache pas : "La CECA avait des ressources propres qui ne provenaient pas de cotisations gouvernementales, et qui permettaient des interventions financières sans devoir recourir au budget de l’Union. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Deuxièmement elle avait des pouvoirs en ce concernait les recommandations à faire aux industriels. Et troisièmement elle disposait d’une structure de concertation regroupant les syndicats, les utilisateurs et les producteurs. Aujourd’hui, les modalités de sortie sont plus compliquées qu’elles n’étaient à la crise précédente".

 

 

Il ne faut pas attendre mesure spectaculaire à court terme de ce nouveau plan d'action pour l'acier. Le commissaire Tajani avait par exemple demandé à ArcelorMittal de geler ses fermetures en attendant la sortie du plan, il n'en a rien fait. La Commission veut initier une stratégie de soutien aux principaux clients de l'acier que sont le secteur automobile et celui du bâtiment.

 

 

Elle veut aussi stimuler la recherche et le développement, et inciter les sidérurgistes à négocier des contrats énergétiques à plus long terme pour qu'ils soient moins coûteux. Mais elle marche sur des œufs parce qu'elle doit jouer avec les prérogatives nationales, selon l’eurodéputé Philippe Lamberts : "Les politiques énergétiques et les politiques industrielles restent très largement du domaine national. Alors, ce que la Commission européenne peut faire, c’est tenter d’être le catalyseur de la ‘coalition des volontaires’. Elle peut faire comme elle a fait par exemple sur la taxe sur les transactions financières : la politique fiscale reste une prérogative des Etats, et pourtant la Commission a pris l’initiative de mettre un texte sur la table, ce qui a permis à une coalition de 11 pays volontaires de se lancer dans l’aventure. On pourrait parfaitement imaginer quelque chose de similaire en matière de politique énergétique et industrielle : la Commission ferait des propositions qui susciteraient l’enthousiasme d’une partie des Etats-membres, pour qu’ils décident d’agir ensemble sur ce plan. On pourrait arriver déjà à pas mal de choses en mettant ensemble le Benelux, l’Allemagne, la France et l’Espagne, par exemple".

 

 

Les sidérurgistes savent qu'il faudra maintenir la pression pour faire bouger les choses. Ce nouveau plan acier a en tout cas un mérite: de rappeler aux décideurs le rôle stratégique de l'industrie de l'acier Europe.

 

 

 

A.L. avec F. Gilain

 

 

//www.rtbf.be/info/economie/detail_les-industriels-attendent-beaucoup-du-nouveau-plan-acier-europeen?id=8015552

 

 

 



11/06/2013

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