Merkel se convertit a l idee du salaire minimum MAIS ...

 

 

Merkel se convertit à l'idée

du salaire minimum

Le Monde.fr avec AFP |27.04.2012

 

 

Recentrage pour le parti conservateur de la chancelière allemande Angela Merkel, qui a présenté cette semaine un projet visant à laisser les partenaires sociaux décider de l'instauration d'un salaire minimum dans les branches qui n'en ont pas. La dirigeante prend ainsi de court ses rivaux sociaux-démocrates, qui comptaient faire de cette réforme une mesure phare dans un pays qui ne connaît pas encore de hausse du chômage mais une multiplication des emplois intérimaires.

 

"Nous avons décidé de mettre sur pied une commission composée d'employeurs et de salariés qui vont négocier le salaire minimum correct. Cette commission sera totalement indépendante, elle décidera elle-même du montant de ce salaire minimum, ainsi que d'éventuelles exceptions", a expliqué mercredi 24 avril la ministre du travail, Ursula von der Leyen.

 

"Pour nous il était très important que ce salaire minimum soit négocié et mis en application par le secteur privé", a-t-elle ajouté. Les Unions chrétiennes (CDU-CSU) de la chancelière doivent encore se mettre d'accord avec leur partenaire de coalition, les libéraux du FDP, qui, pour l'instant, ne veulent pas entendre parler d'un salaire minimum généralisé.

 

 

LE PRINCIPAL SYNDICAT PAS CONVAINCU

 

 

L'Allemagne n'a pas de salaire minimum applicable à tous les salariés, mais les partenaires sociaux ont la possibilité d'en fixer, région par région et secteur par secteur : c'est déjà le cas pour le BTP, les personnels d'entretien ou encore les peintres en bâtiment. Le salaire minimum proposé par la commission ne s'appliquera qu'aux secteurs qui en sont actuellement dépourvus.

Si un secteur a déjà un salaire minimum négocié entre partenaires sociaux, il continuera à s'appliquer, même s'il est inférieur au chiffre proposé par la commission.

 

Le syndicat des employés des services Verdi a jugé le projet "totalement insuffisant" car il n'empêchera pas "que des millions de personnes continuent à travailler pour des salaires de misère", dans un communiqué. "Le monde politique n'a pas le droit de se soustraire à ses responsabilités et devrait imposer un salaire minimum d'au moins 8,50 euros", a réclamé le président de Verdi, Frank Bsirske, pour qui il en va "de la dignité humaine et du prix du travail humain".

 

Il faudra pour cela convaincre les libéraux et les PME qui font la force de l'industrie allemande. "Les conséquences désastreuses de ce type de solutions peuvent être constatées dans les pays européens qui ont adopté des règles similaires, juge ainsi Dieter Hundt, le président du patronat allemand, le BDA, dans Le Figaro. Une fois de plus ce sont les plus faibles qui souffriront de ces mesures, parce que cela compliquera leur entrée sur le marché du travail."

 



29/04/2012

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